Le haut des meubles
C'est le gisement le plus important et le plus banal. Les meubles hauts de série s'arrêtent à une hauteur fixe, et laissent au-dessus un bandeau de vingt à soixante centimètres qui sert à accumuler la poussière.
Sur trois mètres de linéaire haut avec quarante centimètres perdus, cela fait plus d'un mètre carré de façade qui n'existe pas. En volume de rangement, c'est l'équivalent de deux colonnes.
Monter jusqu'au plafond change aussi la lecture de la pièce : il n'y a plus de ligne de rupture, la cuisine devient un mur plein et non une addition de boîtes.
Le rampant
Sous une pente de toiture, un caisson standard s'arrête là où la hauteur le permet, et tout ce qui est plus bas devient inutilisable. En dessinant les caissons à l'angle réel du rampant, on récupère la partie basse en tiroirs profonds, qui sont précisément le rangement le plus pratique d'une cuisine.
Un relevé d'angle de rampant prend dix minutes. C'est l'un des cas où le surcoût du sur-mesure se rembourse le plus vite, parce que l'alternative est de ne rien mettre du tout.
L'angle
Tout le monde connaît le meuble d'angle où la moitié du volume est inaccessible. Les solutions existent, plateau tournant, tiroir à sortie totale, ferrure escamotable, mais elles coûtent cher et rendent rarement plus de soixante pour cent du volume.
Souvent, la meilleure réponse n'est pas une quincaillerie astucieuse. C'est de décider que l'angle ne sera pas un meuble : une colonne technique, un placard à balais accessible par l'autre pièce, ou tout simplement un vide assumé qui allège la circulation.
La poutre, le coffrage, le conduit
Dans le bâti ancien du Calvados, et en particulier dans les longères et les maisons en pierre de Caen, il y a toujours quelque chose au milieu. Une poutre qui descend, un coffrage de gaine, un conduit de cheminée conservé, un mur qui n'est pas d'équerre de trois centimètres sur quatre mètres.
Un poseur qui installe des caissons standards corrige ces écarts avec des baguettes et des alèses. Cela fonctionne, mais cela se voit, et ce sont ces détails qui font qu'une cuisine a l'air posée dans une pièce plutôt que construite avec elle.
Nous prenons les faux aplombs au relevé et nous les intégrons au dessin. Le caisson qui touche le mur irrégulier est fabriqué avec la bonne cote, pas recoupé sur place.
La hauteur de plan
La hauteur standard est un compromis pour une population moyenne. Si vous mesurez 1,58 m ou 1,92 m, ce compromis vous gêne tous les jours pendant vingt ans.
Modifier la hauteur d'un plan de travail ne coûte rien en fabrication sur mesure : c'est une cote dans un fichier. Nous la mesurons sur vous, coude fléchi, pendant le relevé. C'est probablement le changement qui procure le plus de confort quotidien pour le plus faible surcoût.
Pourquoi cela ne coûte pas plus cher chez nous
Dans un atelier traditionnel, une pièce hors standard demande un réglage de machine, un traçage, une reprise manuelle. Elle coûte donc plus cher qu'une pièce répétitive.
Sur un centre d'usinage numérique 5 axes, la pièce hors standard est une ligne de programme. La machine exécute la même opération, avec les mêmes temps, quelle que soit la cote. C'est exactement ce qui nous permet de faire du sur-mesure à des prix de série, et c'est pour cela que nous avons trois de ces machines plutôt qu'une.