1. Le linéaire, pas la surface de la pièce
On nous demande souvent le prix d'une cuisine « de vingt mètres carrés ». La surface de la pièce ne nous dit presque rien. Ce que nous chiffrons, c'est le linéaire de meubles : le nombre de mètres de caissons bas, de caissons hauts et de colonnes, plus l'îlot s'il y en a un.
Une pièce de vingt mètres carrés peut recevoir quatre mètres de linéaire si elle est très ouverte, ou neuf mètres si on l'exploite sur trois murs. L'écart de prix entre les deux est du simple au double, à matériaux identiques.
C'est aussi la raison pour laquelle un devis sérieux ne peut pas être donné au téléphone. Il faut un plan, même provisoire.
2. Les colonnes
Une colonne toute hauteur coûte nettement plus cher qu'un caisson bas de même largeur : plus de panneau, plus de quincaillerie, plus de temps de montage et de pose. Deux ou trois colonnes en plus dans un projet déplacent le prix beaucoup plus qu'un changement de décor de façade.
Ce n'est pas une raison pour les éviter. C'est le rangement le plus efficace au mètre carré au sol, et c'est ce qui permet de supprimer les meubles hauts sur le reste de la pièce. Mais il faut savoir que le poste existe et l'arbitrer consciemment.
3. Le plan de travail
Sur une cuisine de taille courante, le plan de travail représente souvent entre dix et vingt pour cent du montant total, et l'écart entre un stratifié et une pierre naturelle avec crédence assortie est considérable.
Les points qui font monter le poste plus vite que le matériau lui-même : la crédence pleine hauteur dans la même matière, le bec arrondi ou le chant épais, la découpe d'un évier sous plan, et surtout la retombée d'îlot, c'est-à-dire la matière qui descend sur le côté jusqu'au sol. Une retombée double parfois le prix de l'îlot.
Nous traitons ce poste en détail dans notre article sur le choix du plan de travail.
4. L'électroménager
C'est le poste le plus visible et le plus facile à arbitrer, parce qu'il est parfaitement comparable : une référence Bosch, Siemens, Neff ou Gaggenau a un prix public que vous pouvez vérifier.
Notre conseil est simple. Mettez l'argent sur ce qui vous sert tous les jours et sur ce qui ne se remplace pas facilement : la plaque, le four, et surtout l'aspiration. Un groupe d'aspiration sous-dimensionné est le regret numéro un dans une cuisine ouverte sur le séjour, et c'est irrattrapable une fois le plafond refermé.
5. Ce qui n'apparaît pas sur le devis des autres
La dépose de l'ancienne cuisine et son évacuation. Les reprises de plâtre. Le déplacement d'une arrivée d'eau ou d'une évacuation. Le raccordement électrique de la plaque. Les plinthes, les joints, les finitions contre un mur qui n'est pas droit.
Ces lignes ne coûtent pas très cher séparément. Elles coûtent cher quand personne ne les a prévues et qu'elles arrivent en cours de chantier, parce qu'à ce moment-là elles sont facturées en urgence et qu'elles décalent la pose.
Quand vous comparez deux devis, ce sont ces lignes qu'il faut chercher en premier. Un devis moins cher qui ne les mentionne pas n'est pas moins cher, il est incomplet.
Pourquoi nous ne publions pas de fourchette de prix
Parce qu'elle serait fausse pour la moitié des gens qui la liraient. Entre une cuisine de quatre mètres en mélaminé avec un plan stratifié et un ensemble de neuf mètres avec îlot, colonnes, placage noyer et plan en pierre, le rapport dépasse largement le simple au quintuple. Afficher un « à partir de » n'informe personne et sert surtout à faire venir des gens qui seront déçus.
Ce que nous faisons à la place : un relevé et une étude gratuits, un plan coté, et un devis poste par poste que vous pouvez comparer ligne à ligne avec n'importe quel autre. Le prix est ferme à la signature du plan.